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Témoignages dans les journaux tunisiens
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Issa Baccouche, président de l´Association pour la Sauvegarde de l´Ariana, déclarait aussi à l´occasion de la commémoration du centenaire de la Khaldounia : ...”Des hommes tels que Salem Bouhageb, Béchir Sfar, Moh. Tahar Ben Achour, Mohamed Lasram, Mohamed Karoui, toute une génération de précurseurs sont parvenus à secouer notre culture de sa poussière, au moment le plus crucial de notre histoire et à promouvoir une culture fondée sur l´enrichissement mutuel et l´ouverture.”
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Mahmoud Bouali, “ Le vendredi 16 juillet 1924 ont eu lieu, au milieu d´une foule immense, les obsèques de Salem Bouhageb, bach mufti malékite et premier professeur de l´Université Ez-Zitouna. “La cérémonie funèbre s´est déroulée sur la place de la Kasbah en présence des plus hautes autorités du pays, y compris les membres du Tribunal Religieux et d´une affluence innombrable où se trouvaient mêlés les notables les plus en vue et les admirateurs de tous ages, principalement jeunes de ce grand personnage de la Tunisie moderne encore en quête d´un biographe! Toujours bien documenté, l´organe de la Prépondérance Coloniale notait que cette disparition mettait en deuil “ toute la jeunesse intellectuelle arabe dont Cheikh Salem Bouhageb était, à Jemaa Zitouna, le maître estimé et honoré et le conseiller le plus aimé.”
“La Presse” du 23 juin 1976
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Le quotidien “La Presse” du 16.07 1989 : “ ...Salem Bouhageb, jurisconsulte, professeur, linguiste, diplomate, ce personnage en quête de biographe a participé à la rédaction du “Code civil et criminel du royaume de Tunis” de 1861, y concrétisant la nouvelle doctrine tunisienne selon laquelle en matière législative doit être substituée à la religion une motivation politico-juridique... avant Jamaleddine Afghani et Mohamed Abdou, directeur de la Médersa Mountassariya où s´est effectué en avril 1910 le joint entre les étudiants de la Zitouna et Ali Bach-Hamba le leader des “Jeunes Tunisiens” Salem Bouhageb a été l´un des artisans les plus discrets de la pensée spécifiquement tunisienne, à l´aurore du réformisme musulman contemporain.”
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Ahmed Abdessalam, recteur de l´Université de Tunis a dit : “Cheikh Salem Bouhageb jouissait du grand prestige que lui valaient sa valeur intellectuelle, son âge, sa longue collaboration dans le passé à l´œuvre du ministre réformateur (Général Kheireddine) et le nombre de disciples qu´il avait formé au cours de sa longue carrière de professeur à la Grande mosquée. Aussi s´adressa-t-on à lui pour la conférence inaugurale qu´il prononça devant les plus hautes autorités du Protectorat, le Premier ministre Bou Attour et le Résident général de France René Millet.”
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A l´occasion de la commémoration du centenaire de la Khaldounia, le Professeur Hamadi Sahli faisait souligner dans son allocution ce qui suit :
...”C´est donc là que se situent l´image et le message de la Khaldounia comme les définit l´un des géants de ces fondateurs en l´occurrence Salem Bouhageb lors de la cérémonie d´inauguration de la Khaldounia le 15 mai 1897, date d´entrée en fonction de l´association et ce, en présence de nombreuses personnalités politiques dont le Résident Millet (représentant de la France) qui a combattu, longtemps, pour la réforme de l´enseignement en Tunisie. Insistant dans son allocution-programme sur la compatibilité de l´Islam avec la science et la modernité. Salem Bouhageb dressait un déplorable tableau de l´état de décadence dans lequel sombrait la religion à partir du 11ème siècle de l´ère chrétienne, soit depuis l´époque du philosophe Al Ghazali, où l´étude des sciences rationnelles était considérée comme licite. Ce qui explique le retard des musulmans dans le domaine des sciences”
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L´hebdomadaire Réalités du 12.12 1996 : “...A cette occasion, le Cheikh Salem Bouhageb donna une conférence dans laquelle il s´attacha à démontrer que l´Islam était compatible avec la science moderne, et que la raison de la décadence des pays musulmans était due à leur retard dans le domaine des sciences modernes. C´était là l´un des thèmes essentiels des fondateurs de l´association de la Khaldounia, formée de jeunes tunisiens qui avaient déjà exposé leurs idées dans Al Hadhira, journal proche de Béchir Sfar.”...
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Sadok Zemerli, auteur bien connu, écrivait au sujet de Cheikh Salem Bouhageb, dans son livre intitulé : Les précurseurs, :
”....naissait à Bembla l´enfant prédestiné qui devait, une vingtaine d´années plus tard étonner le monde savant de ce pays, tant par la précocité et la sûreté de son jugement, que par la fécondité de son imagination et la puissance de sa dialectique...
“....Ne raconte-t-on pas, et il ne s´agit pas en l´espèce de ragots de sorcières mais de témoignages irrécusables d´hommes distingués qui avaient suivi de prés l´existence universitaire, assez pénible à ses débuts, de Salem Bouhageb, que celui-ci, voulant coûte que coûte perfectionner ses acquisitions linguistiques, et ne pouvant y parvenir qu´en consultant l´unique exemplaire du (LISSAN-EL-ARAB) conservé à la bibliothèque de la mosquée beylicale du Bardo, n´avait pas hésité, des mois durant, à parcourir tous les jours à pieds les quelques kilomètres séparant la capitale (Tunis) et de la résidence du Bey (à Bardo), pour en apprendre la plus grande partie, perché sur une échelle double, à la lumière vacillante d´une lampe à huile, éclairant le sanctuaire silencieux et lugubre?”...,
...”l´ardeur d´apprendre et surtout d´approfondir les différentes branches du savoir, objet de ses études, devaient fatalement lui ouvrir, après de brillants examens, les portes tant convoitées de l´enseignement supérieur. Le voilà donc pourvu d´une chaire magistrale à la Grande Mosquée (Jamaa Zitouna) d´où sa parole ardente et son argumentation lumineuse et serrée, ainsi que ses réponses fulgurantes à toutes questions, allaient grouper autour de lui un cercle grandissant d´auditeurs de qualité dont plusieurs devaient illustrer, à leur tour, la cléricature tunisienne et par l´étendue du savoir et par l´élévation de la pensée.”...,
...”Quoique absorbé par ces activités multiples et variées, le Cheikh (Salem Bouhageb) n´avait pourtant pas abandonné tout à fait, sauf en de courtes périodes, son labeur universitaire, heureux qu´il était de voir s´élargir chaque jour la portée de cet enseignement teinté de libéralisme et même d´esprit critique, qui irritait certes les vieux maîtres, mais qui assurait, par contre, au courageux et pénétrant dialecticien, un prestige grandissant tant auprès des élites évoluées, qu´au sein de l´équipe dirigeante dont il était devenu, par ses mérites propres et sa ténacité, l´un des collaborateurs les plus zélés.”...,
...”Poète inspiré à ses heures, il a laissé un recueil de vers d´une haute envolée qui n´a pas encore été édité ainsi qu´un choix de sermons édifiants et vigoureux qui témoignent à la fois et de l´élévation de sa pensée et de l´ardeur de ses convictions.”..,
...”Si les descendants directs du grand orateur sacré ont tous disparus aujourd´hui, non sans avoir apporté dans l´Administration ou ailleurs une indéniable contribution à l´édification moderne de leur pays, leurs successeurs immédiats ont aussitôt pris leur relève en participant sans tapage ni ostentation à sa vie sociale et politique.”
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Mahmoud BOUALI ..”Mohamed Beyram IV, le Cheikh El-Islam, s´empressa de lui ouvrir sa bibliothèque, son domicile,...”
..”A partir de ce moment-là aussi, Salem Bouhageb se trouva en contact avec l´élite de l´époque, Mohamed Kabadou le poète et penseur tunisois, et le premier Mohamed Tahar Ben Achour, le grand érudit en particulier.”...
...”...il fut nommé secrétaire général du Conseil Municipal de Tunis en 1858. C´est là, précisément, au siège de cet aréopage, qu´il fit la connaissance du Général Hussein puis du Général Kheireddine et, il devint le meilleur, le plus érudit et le plus éclairé des conseillers.
Le Général Hussein lui voua jusqu´à sa mort, un attachement indéfectible, réservant, dans ses dernières volontés, le tiers de ses biens à Salem Bouhageb.
Quant à Kheireddine, une admiration sans bornes caractérisa ses sentiments affectueux pour notre héros. Admirations réciproque, précisons-le, car, si les idées de Kheireddine constituent, en gros, le fonds de son livre sur(le plus sûr moyen de connaître l´état des nations), la partie strictement d´exégèse religieuse et surtout la forme, appartiennent à Salem Bouhageb, et cela on ne l´a pas encore assez souligné !!!”...
..”Dans le domaine scientifique, comme faisait observer Fadhel Ben Achour, Salem Bouhageb a été un chercheur d´avant-garde, un rénovateur, un pionnier à la Zitouna. Il fut un maître à penser, durant 65 ans.
C´est donc tout naturellement, qu´il prit l´allure d´un grand réformateur de la pensée, alors décadente, des musulmans de l´autre siècle et d´un esprit rationaliste aussi courageux que convaincant, .... avec douceur.
Il s´attacha à préconiser l´adaptation des usages et des lois, au rythme du monde moderne.
Ce fut le plus grand défenseur de l´introduction des sciences mathématiques, physiques, etc.
Lors de l´inauguration de la “Khaldounia”, précisément, il fit un discours pour clamer le besoin du monde musulman en fait de sciences modernes....
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