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Cheikh Tahar Ben Achour, naquit à La Marsa (banlieue de Tunis), en septembre 1879, au sein d’une vieille famille d’intellectuels, d’origine andalouse. Cette famille s’établit à Tunis après les campagnes meurtrières d’évangélisation et l’Inquisition que subirent les Musulmans en Espagne.
Tahar Ben Achour rejoignait la Mosquée Ez-Zitouna à l’âge de 14 ans, où il montrait un grand intérêt pour le savoir qu’il assimilait, aidé par un esprit vif, un environnement intellectuel et religieux comprenant d’éminents professeurs qui assuraient indéniablement le renouveau scientifique et intellectuel de la Tunisie. Les plus éminents de ces professeurs étaient Cheikh Salem Bouhageb, Cheikh Mohamed An-Najar, Cheikh Mohamed Nakhlî.
Tahar Ben Achour obtint son diplôme à Ez-Zitouna en 1896, et rejoignait le corps enseignant de la Mosquée millénaire. Quelques années plus tard, il est professeur de première catégorie, après un examen passé avec succès en 1903.
Tahar Ben Achour avait déjà été choisi en 1900 pour enseigner au Collège Sadiki. Cette expérience dans l’enseignement à Ez-Zitouna, aux méthodes traditionnelles et au Collège Sadiki, aux méthodes modernes, marquait la vie du jeune Cheikh, dans la mesure où il saisait la nécessité de combler le fossé entre deux courants de pensée encore en formation, mais qui menaçaient de provoquer un schisme culturel et intellectuel en Tunisie : il s’agissait du courant traditionnel représenté par Ez-Zitouna et du courant moderne représenté par le Collège Sadiki.
Tahar Ben Achour, consignait ses réflexions dans son précieux ouvrage A-Laysa As-Subh Bi-Qarîb ? (L’Aube n’est-elle pas proche ?), où il portait un regard historique et civilisationnel global permettant de comprendre les mutations profondes que traversait la société.
En 1907, Tahar Ben Achour est désigné premier directeur adjoint de la section scientifique de la Mosquée Ez-Zitouna où il tentait certains changements dans l’enseignement.
En 1910, Tahar Ben Achour fait partie de la première commission de réforme de l’enseignement d’Ez-Zitouna. Un an et demi après, il démissionnait en raison des obstacles qu’on lui opposait.
En 1956, à l’indépendance de la Tunisie, le Cheikh est nommé doyen de l’Université Ez-Zitouna.
Il publie son exégèse intitulée Tafsîr At-Tahrîr Wat-Tanwîr (Exégèse de la Libération et de l’Illumination) . Cette exégèse encyclopédique en trente volumes fut progressivement écrite sur une période de 50 ans.
Cheikh Tahar Ben Achour rejette l’idée selon laquelle la porte du ijtihâd aurait été fermée à la fin du Ve siècle de l’ère musulmane, et qu’il est impossible de la rouvrir.
Cheikh Tahar Ben Achour décéde le 12 août 1973, à l’âge de 94 ans. Il est enterré à Tunis, au cimetière du Jellaz.
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