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Qui est-il
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Le lundi 14.07.1924, correspondant au 11 Thoul Hija 1342, à 10 heures du matin s’éteint Cheikh Salem Bouhageb dans sa résidence, de la Marsa.
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Salem Bouhageb a vécu une époque importante de l'histoire de la Tunisie. Cette époque a vu la révolution industrielle en Europe. La volonté des tunisiens éclairés et des intellectuels est de voir la Tunisie entamer les réformes nécessaires pour que toute la population puisse bénéficier des effets positifs d'une évolution moderne de notre société, mais adaptée à l'entité arabo-musulmane de notre société.
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En terminant ses études, Salem Bouhageb habitait dans un logement situé au numéro 1, de la rue Sidi Sourdi, dans le quartier Souk El Blatt de la Médina de Tunis.
Voir quelques photos de son logement à Tunis
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Citation d’Ibn Khaldoun
«L'âme individuelle s'accomplit dans et par les connaissances. L'invention et le développement des sciences répondent d'abord à une nécessité spirituelle.» Ibn Khaldoun
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Lors de son voyage en 1871, à Constantinople, avec le Général Kheireddine, la réputation de Salem Bouhageb comme savant exégète, de jurisconsulte et de fin lettré l'a déjà précédé. Il y est reçu dés son arrivée par les intellectuels qui se sont empressés d'entendre son point de vue sur les problèmes de l'heure. Il est, lui même, curieux de connaître l'avis des personnalités du monde des science et de l'érudition qu'abrite à cette époque, Constantinople la capitale de l'empire ottoman.
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Voir quelques photos de sa résidence à Sidi-Bou-Saïd
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La renommée de Cheikh Salem Bouhageb n'est plus à faire.
A la vocation du nom de Bouhageb, ceux que nous rencontrons prononcent et évoquent Cheikh Salem Bouhageb avec respect et beaucoup d'estime pour le grand intellectuel et réformateur qu'il est. Ils saluent en lui son courage, sa culture et sa conception des réformes à introduire en Tunisie, malgré les tentatives de découragement voir même de dénigrement et le désaveu de certains cheikhs de "Jemaa Zitouna" à l'esprit archaïque. La classe dirigeante du pays avait la même attitude et se refusait à voir les réalités en face, alors que nos voisins du nord travaillaient avec ardeur et courage pour améliorer la vie de chacun et l'économie de leur pays. Les dignitaires étaient contents de leur sort et vivaient dans une totale nonchalance apathique, bercée par des rêves nostalgiques, évoquant la civilisation arabe d'il y a cinq siècles quand celle-ci surpassait, dans tous les domaines, la civilisation européenne.
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Cheikh Salem Bouhageb estime que le monde musulman est menacé de toutes parts par l'ignorance et l'intolérance qui se fait jour depuis l'abandon du savoir faire, de l’effort intellectuel et de la recherche du bien être au profit de l’humanité, que l’on mentionne communément par le terme de « El-Ijtihad » et qui est une des obligations de l’Islam.
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Il est une grande source de motivation pour les jeunes, qu'il encourage à façonner l'avenir extraordinaire de la Tunisie en développant leur plein potentiel. Il croît que son rôle d'éducateur le place dans une position sans équivalent en applaudissant à leurs meilleures réalisations.
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Il n'y a de bonheur et de salut pour l'homme que par le savoir et l’action pour assurer le bonheur de l'individu et de la société clarifiant également le Hadith du Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, qui dit: «les femmes sont les sœurs des hommes».
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Epris par la saveur de son expression, la clarté de son raisonnement, son éloquence et sa capacité à analyser les problèmes sans interruption ni indolence. Il symbolise un des aspects qui caractérisent le nouveau mouvement intellectuel qui se veut être différent des méthodes archaïques de penser.
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Les dignitaires de la Régence ne sont pas conscients de l'ampleur de la catastrophe qui s'abat sur notre pays suite au développement industriel de l'Europe, à l'avidité des affairistes en tous genres et surtout aux répercussions des conflits armés entre les puissances de l'époque: la Grande Bretagne, la Prusse, et la France. Cette dernière ayant perdu la guerre en 1870 va essayer de retrouver son prestige en envahissant en 1881, la Tunisie qui n'a pas les moyens de se défendre.
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Une foule d'élèves enthousiastes suivent avec ardeur ces cours, ce qui fait que son autorité morale et sociale le font remarquer par ses pairs et par le monde culturel dont certains membres étrangers, comme Farés Chidiak, attirent l'attention des dignitaires de la Régence de Tunis. Son constat réaliste de l'état dans lequel se trouve la Tunisie et ses réflexions font que Brahim Riahi tout comme Kheireddine Ettounsi, Hussein Pacha et Beyram V l'invitent à les rejoindre dans leurs tentatives de réformes à entreprendre pour redresser la situation du pays.
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Quelques repères
1827 naissances de Salem Bouhageb 1839 il est admis à Jemaa Zitouna pour y poursuivre ses études secondaires
Il suit notamment les cours des maîtres suivants : Cheikh : Ahmed El Khadhar ( M ) Moh. Ben Khodja ( H ) Moh. Naïfer ( M ) Moh. Hamda Ben Achour ( M ) Moh. Maouïa ( H )
Puis, les cours des professeurs suivants : Cheikh : Ahmed Achour (M) Ben Tahar (M) Ben Slama (M) Chédli Ben Salah (M) Ali El Afif (M) Moh. Bayram IV (H) cheikh El Islam Moustapha Bayram (H)
Parallèlement à ses études il fréquente la bibliothèque du ministre Mustapha Agha et les cours de : Cheikh Ahmed Ben Mlouka, dans sa zaouia à Bab El Gorjani En 1848, à l'âge de vingt ans il est admis dans le cercle très fermé des intellectuels, au niveau le plus haut. Il se lie d'amitié avec les plus dignitaires du monde culturel et notamment avec Moh. Bayram IV (1821 – 1900) qui sera en 1897, Cheikh El Islam, Mahmoud Kabadou (1815 – 1871) érudit et poète bien connu, Moh.Tahar Ben Achour, premier (1815 – 1868) jurisconsulte, etc. Ce milieu lui permet aussi de faire connaissance avec quelques dignitaires de la régence de Tunis, dont le général Ahmida Ben Ayed et surtout le grand vizir (Premier ministre) Mohamed El Bacouche qui le reçoit souvent dans sa propriété de l'Ariana et à sa résidence de Sidi Bou Saïd. 1858, à trente et un an il est appeler à siéger au Conseil municipal de Tunis où il fait la connaissance du général Hussein qui est nommé cette année là, le premier Président du Conseil municipal de Tunis. Le général Kheireddine Ettounsi le remarque également et fait appel à Salem Bouhageb comme conseiller. Depuis cette année les relations de Salem Bouhageb avec ces dignitaires vont s'intensifier et se raffermir. Le point commun de ces liens étant le constat qu'ils font de la situation catastrophique de la Régence de Tunis et d'un besoin urgent et indispensable de réformes structurelles de l'administration du pays. 1860, Salem Bouhageb est appelé à siéger au Grand Conseil qui vient d'être créé. Cette institution constitue la première Assemblée Nationale du pays et qui a pour but de contrôler l'administration et de la gestion financière de la Régence. La maîtrise des connaissances acquises fait que sa réputation dépasse le milieu dans lequel il évolue. En plus de ses pouvoirs d'assimilation, il développe ses talents d'analyse qui lui permettent de faire aisément la synthèse de chaque situation nécessitant une solution. Bientôt, sa réputation est telle que les dignitaires de la Régence le consultent et cherchent sa fréquentation. Parmi eux nous pouvons citer Brahim Riahi, Moh. Bayram IV, bach mufti de Tunis, Moh. Kabadou érudit bien connu, poète de renom et réformiste par conviction, le premier Moh. Tahar Ben Achour, juriste, homme de culture et d'érudition dont il fut un des participants le plus assidu de son salon littéraire, où il rencontre quelques dignitaires de la Régence de Tunis dont les généraux Hussein et Kheireddine Ettounsi. Il devient leur plus proche collaborateur et plus tard une amitié sincère les lie au sein du mouvement réformiste dont la régence de Tunis en a un besoin urgent pour sauver le pays de la catastrophe. Salem Bouhageb commence à exercer comme professeur à Jemaa Zitouna en 1848 et ce jusqu'en 1912.
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Une vue par la fenètre de sa chambre, à Bembla.
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