Princesse Nazli Fadhel (1853 - 1914)

 

 

Palais Ramsès à La Marsa, résidence de la princesse Nazli.

 

La princesse Nazli Zeineb Fadhel est née au Caire, en 1853. À cette date son père est âgé de vingt trois ans et sa mère de 16 ans.
Sa mère du nom de Dal Azad Hanem est née le 02 janvier 1837 et décédée le 24 décembre1885.
Son père porte le nom de prince Mustapha Fadhel qui est né le 21 février 1830 et décédé le 02 décembre 1875.
Elle est l’aînée de cinq sœurs et dix frères dont trois meurent en bas âge.
À l’âge de 13 ans, en 1866, la princesse Nazli Fadhel d'Égypte quitte le Caire, avec sa famille, pour Istanbul.
Elle est mariée, en 1873, à Khalil Chérif Pacha qui assume jusqu’au mois de mars de la même année, les fonctions de ministre des Affaires étrangères de l’Empire ottoman.
Après la mort de son père,en 1875, et après neuf années d'exil elle retourne, à l’âge de 23 ans, au Caire, où elle récupère les biens familiaux saisis en 1866, lors de la prise du pouvoir par son oncle le Khédive Ismaïl.
Son époux est nommé ministre de la Justice de l’
Empire ottoman en juin 1876.
En février 1877, son époux est nommé ambassadeur de l’Empire ottoman en France. Durant son séjour à Paris, ses fonctions d’épouse de l’Ambassadeur ottoman, lui permettent d’évoluer sans difficulté, dans les milieux politiques et culturels. Les portes des salons littéraires lui sont également ouvertes. Elle y rencontre aussi des intellectuels étrangers du monde des arts et des lettres comme cheikh Salem Bouhageb, ainsi que des réfugiés politiques.
Après avoir récupéré l’héritage fabuleux de son père et l’aisance qui en découle, tout laisse à penser que ce séjour à Paris lui permet d’évoluer et de s’émanciper au point qu’elle est considérée non plus comme l’épouse de l’Ambassadeur ottoman mais de plus en plus comme la princesse Nazli Fadhel d'Égypte.
À la mort de son époux, le 12 janvier 1879, la princesse Nazli Fadhel, quitte sa résidence d’Istanbul pour s'installer officiellement au Caire, dans un somptueux palais qu’elle hérite et qui est connu depuis sous le nom de "villa Henry", situé derrière le palais royal "Abedeen" qui est actuellement la résidence officielle du Président de la République égyptienne.
À cette époque elle ouvre un salon littéraire au Caire et à Paris.
Pendant vingt et un ans, le prestige de la princesse Nazli, fait que ses salons littéraires et surtout celui du Caire deviennent un lieu de rencontre aussi bien pour les intellectuels égyptiens que pour les penseurs aux idées réformistes, sans oublier les étrangers qui voyagent dans tous les pays arabes à l’affût de tout ce qui peut contribuer à améliorer l’influence ou encore mieux, à assurer la pénétration économique et politique de tel ou tel pays européen, dans le but de remplacer le vide laissé par le pouvoir de l’Empire ottoman.
Les plus agressifs sont les consuls d’Angleterre, de France et de Prusse et des affairistes plus ou moins véreux qui les accompagnent.
Depuis la mort de son mari, forte de son expérience et de ses relations personnelles, la princesse Nazli Fadhel voyage souvent en Angleterre, en France, en Tunisie, à l’intérieur de l'Égypte, jusqu’à Assouan et même au Soudan.
La princesse Nazli est connue pour avoir un fort caractère, pour son franc-parler et ses répliques assez vives.
Elle s’exprime en conséquence, mais avec dignité.
La princesse Nazli parle couramment, en plus de sa langue maternelle (l’arabe), le turque, le français et l'anglais
Elle comprend très bien l'allemand, l'italien et le japonais sans pouvoir s'exprimer aisément dans ces langues.

La princesse Nazli Fadhel visite également la Tunisie pour voir sa sœur Rokaya, mariée à un haut dignitaire tunisien résidant à l’Ariana, dans la banlieue de Tunis. Ce bâtiment abrite actuellement la Municipalité de l’Ariana. Là, elle retrouve Cheikh Salem Bouhageb connu pour être un grand penseur, un réformiste et un érudit dont le prestige dépasse les frontières de la Tunisie.
Ahmed Faris Chidiak, l’intellectuel et journaliste bien connu fait l’éloge de Salem Bouhageb, au Caire, à Beyrouth, en Syrie et dans les milieux réformistes à Paris.
La création de la Khaldounia est l’occasion pour la princesse Nazli Fadhel d’inviter Cheikh Mohamed Abduh à venir à Tunis pour se rendre compte du mouvement réformiste tunisien dont on parle tant.
En 1898, elle fait la connaissance de Khelil Bouhageb (fils de Salem Bouhageb) qu’elle épouse le 05 avril 1900, au Caire .

Dans sa résidence dénommée “Palais Ramsés” à “La Marsa”, dans la banlieue de Tunis, elle dirige un salon littéraire que fréquente aussi bien l’élite tunisienne que les étrangers de passage en Tunisie.
Parallèlement, elle ouvre à Tunis, un bureau d’affaires dirigé par un administrateur de nationalité égyptienne.
Gravement malade, la princesse Nazli Fadhel retourne en 1913, au Caire.
Khelil Bouhageb résigné, assiste, au mois de mars 1914, à son décès et participe au deuil qui frappe tous ceux qui la connaissent.
Dans deux lettres manuscrites adressées à son frère Docteur Hassine Bouhageb, il y résume les évènements.
La princesse Nazli comme son époux Khelil Bouhageb ne laissent pas de descendant.
La biographie de la princesse est intéressante à plus d’un titre.

 

La Princesse Nazli Fadhel, épouse de Si Khelil Bouhageb.

Entrée du palais Ramsès à La Marsa.