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Circassien d'origine, il est né vers 1822 dans une tribu caucasienne. Son père mort lors d'une invasion, Kheireddine fut enlevé à sa famille et vendu à titre d'esclave à Constantinople.
De là, il passa à Tunis où il fut élevé au Palais du Bardo chez le régent Ahmed Bey 1er en 1939. Il fit des études en arabe, puis entra à l'école militaire où il apprit la langue française. Il gravit ainsi tous les degrés de la hiérarchie militaire pour devenir général de division en 1855. Il commença alors sa carrière politique en tant que l'envoyé de Ahmed Bey précité, à Napoléon III, suite au détournement de fonds publics par un certain Mahmoud Ben Ayed, qui s'évada vers la France. Kheireddine, avait pour mission de représenter la Tunisie dans cette affaire devant le comité du contentieux, constitué en tribunal arbitral. Celui-ci condamna Mahmoud Ben Ayed à rembourser l'Etat tunisien la somme de 34 millions de piastres.
De retour en Tunisie, il fut nommé ministre de la Marine en 1857.
Il entreprit alors des réformes importantes telles que l'amélioration du port de la Goulette et l'institution du passeport tunisien. C'est lui qui participa à la rédaction de la Constitution de 1861.
Un journal tunisien en langue française de l'époque écrivait :
« Le général Sidi Kheireddine, ministre de son Altesse le Bey de Tunis, dont nous donnons le portrait est parvenu à force de volonté et souplesse, à vaincre les vieux préjugés musulmans et à faire prévaloir dans son pays les idées de civilisation libérale et de la rédaction des codes que son Altesse le Bey vient d'accorder à son peuple ».
Toutefois, Kheireddine va se retirer du pouvoir de 1861 à 1869, suite à son opposition à l'emprunt tunisien en Europe, lequel mena d'ailleurs le pays à la banqueroute.
En 1869, la Tunisie fut redevable à la France de 160 millions de francs.
Le Bey instaura par décret une commission financière et désigna Kheireddine pour la présider. Celui-ci présenta alors après enquête, un rapport au Bey où il mit en cause Mustapha Khaznadar qui fut discrédité. Kheireddine fut nommé Premier ministre. C'est ainsi qu'il put entreprendre de grandes réformes, à commencer par la rénovation et la modernisation des services de l'administration tunisienne, à l'instar du modèle européen. Il réorganisa la justice et le régime fiscal. Il s'occupa également à réformer l'enseignement. Il fonda en 1875 le collège Sadiki et introduisit des réformes dans l'enseignement de l'université de la Mosquée la « Zitouna ».
Malheureusement, il se retira en 1878 en donnant sa démission à Sadok Bey, après voir remarqué l'influence néfaste de Mustapha Khaznadar.
Il vécut retiré à Constantinople en Turquie jusqu'à sa mort en 1890.
Un chroniqueur écrivait dans « La dépêche de Constantinople » :
« L'homme d'Etat distingué qui est mort avant-hier à un âge avancé s'est fait connaître en Europe par la traduction en français et en anglais de la première partie de son ouvrage publié en arabe à Tunis et intitulé : « Réformes nécessaires aux Etats musulmans », sa mort fut regrettée par tous ceux qui ont eu l'avantage de le connaître personnellement, car ils ont trouvé en lui un esprit instruit, élevé et honnête ».
En effet, il écrivit un ouvrage remarquable où il proposait des réformes pour faire sortir les esprits rétrogrades de leur torpeur, afin de permettre aux pays musulmans de se hisser au niveau des pays européens notamment l'Angleterre et la France.
L'Angleterre vivait à l'époque l'expérience de la Révolution industrielle et la France sortait de la révolution de 1789, au siècle de l'éveil des idées et qu'on appelait le siècle des lumières avec des penseurs comme Voltaire, Montesquieu, Montaigne, Victor Hugo et tant d'autres.
Cet ouvrage écrit par Kheireddine s'intitule : « Les meilleures voies pour la connaissance des situations des royaumes » retint l'attention des historiens et politiciens, aussi bien de l'époque que ceux des époques qui suivirent.
Plus tard, ses enfants vont s'évader de la Turquie vers la Tunisie, après l'assassinat de leur autre frère.
L'un d'eux, Tahar Kheireddine, sera ministre de la Justice à Tunis vers 1930, et entreprendra également un ensemble de réformes, notamment concernant l'organisation judiciaire.
Ahmed YOUNES
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