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En Italie (1874 Ă 1882)
Il s'embarque généralement, à La Goulette pour rejoindre Livourne, ville portuaire italienne de la province de Toscane, en Italie. La traversée se fait en utilisant les navires à vapeur de sociétés italiennes de navigation qui faisaient plusieurs escales avant d’arriver à destination. Il voyage en première classe, toujours accompagné soit de connaissances soit d'un membre de sa famille, le plus souvent de son fils aîné Omar.
Ses déplacements qui s'étalent sur six ans, entre Tunis et l’Italie font partie, en premier lieu, de la mission officielle dirigée par le général Hussein (1824 - 27 juin 1887) qui a pour but de poursuivre devant la justice du pays où se réfugie Nessim Sémama, ancien trésorier général de la Régence de Tunis, après sa fuite vers la France puis vers l’Italie, à la veille de la guerre de 1870 entre la France et la Prusse. Nessim Sémama, sujet tunisien et protégé de la plus haute autorité du pays, est poursuivi pour détournement de fonds très importants et abus de confiance.
Livourne. A l’escale de Livourne, Salem Bouhageb constate qu’une grande partie de la population n’est pas chrétienne mais de religion israélite. La ville de Livourne est devenu un refuge pour de nombreuses communautés forcées de quitter les lieux d'origine en raison de persécutions ethnique, raciale, religieuse et politique. Ces réfugiés ont grandement contribué à la culture et au développement intellectuel de la ville. C'est pourquoi l'histoire de Livourne est influencée par les traditions et les coutumes des différents groupes ethniques qui se sont installés à Livourne lorsque les autorités décident d'en faire un centre de commerce international.
Turin. Salem Bouhageb se déplace également à Turin pour y apprécier le développement industriel et les nouvelles découvertes techniques. Il y admire la gare centrale d’où viennent et transitent les trains avec wagons-lits en provenance de Paris.
Rome. La ville de Rome qui devient la Capitale de l’Italie attire également la curiosité de Cheikh Salem Bouhageb. Les ruines romaines attirent aussi sa curiosité et lui permettent de constater l’histoire éphémère des grandes civilisations qui ont voulu perpétuer leur maîtrise du monde. Ces civilisations finissent immanquablement dans la décadence et laissent des ruines, pour l’histoire.
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Florence Sur la route de Florence, il visite la célèbre tour penchée de Pise et ses environs. La ville de Florence l’impressionne toujours pour sa propreté, il admire également ses places publiques et ses jardins. Le niveau d'éducation et d’instruction de ses habitants est impressionnant. Leur savoir faire provoque, en lui, curiosité et reconnaissance. Il se plait à visiter les bibliothèques et à y passer des heures, souvent des journées entières à consulter les innombrables documents dont quelques uns très anciens et dans différentes langues, y compris des livres en arabe, en hébreux, en grec, en latin, etc. L'université suscite également son admiration, avec ses différents départements (médecine, politique, économie, chimie, pharmacie et mathématiques) ainsi que sa propre bibliothèque Il a l’occasion également de visiter le grand hôpital dont il apprécie la qualité des services médicaux et le niveau assez élevé des prestations et des soins. Cette ville représente, pour lui, la culture par excellence et souhaite, dans son for intérieur, que le développement à venir de Tunis puisse, un jour, égaler cette ville. Pendant son long séjour à Florence, on lui connaît deux résidences différentes dont l’une est retrouvée par son arrière-petit-fils Lotfi Bouhageb. Dans un village au sud-est de Florence, plus précisément à Arezzo on lui fait découvrir l'emplacement par où est passé Hannibal le Carthaginois, durant la deuxième guerre punique pour aller battre les Romains. A Florence, il participe aussi à la cueillette des olives, ce qui lui rappelle les oliveraies qui entourent Bembla, son village natal.
Partout, en Italie, les villes et villages donnent, plus qu'ailleurs, une bonne impression de propreté où la couleur blanche domine. Cheikh Salem Bouhageb consacre son temps à la visite de la ville dont il admire les constructions imposantes et les riches bibliothèques. Il est étonné par la régularité des rues et par leur propreté et il est admiratif devant les grands bâtiments prestigieux recouverts de matériaux nobles comme le marbre, le granit, etc. et qui dominent les places publiques. Son voyage, assez long, lui permet d’admirer la nature qui y est plus verdoyante et la culture agricole très méthodique.
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