Docteur Hassine Bouhageb (20.10.1872 – 13.03.1946)

 

Dr Hassine Bouhageb doit sa vocation médicale au long séjour que fit son père, le grand réformateur Cheikh Salem Bouhageb en Europe et surtout à Paris, Livourne et Florence. Il en a rapporté l’idée, audacieuse pour l’époque d’envoyer son fils faire ses études en France, « Lycée Lakanal » à Sceaux, région parisienne et à la Faculté de médecine de Bordeaux.
Dr Hassine Bouhageb inaugure, avec son frère Khelil, le nouveau mouvement de renouveau et de modernisation.
Il fait partie de la nouvelle génération engagée de tunisiens qui après leurs études veulent améliorer le sort de la population et poursuivre le mouvement réformiste institué par le général Kheireddine, Bayram V et son père Cheikh Salem Bouhageb.

Docteur en Médecine (23.12.1901) médecin diplômé de la Faculté de Bordeaux
Spécialiste en Médecine Générale
 - Médecin chef de service à l’hôpital Sadiki, depuis 31.12.1904, où l’avait appelé le Dr Brunswick
 - Médecin chef de service à l’hôpital Ernest-Conseil
Médecin conventionné :
- au Service d’Hygiène de la Municipalité de Tunis, en septembre 1908
- au Collège Sadiki,
- à la « Tékia » institution de bienfaisance des « Habous » depuis août 1920
- à l’Université Jamaa Zitouna, service médical « Nadhara » depuis octobre 1931

Autres fonctions :
Président de l’Association sportive : « La Musulmane »
Président de la Société Municipale de Musique « La Naceuria »
Président de la Troupe de théâtre Ech-Chahama al-Arabya, de 1915 à 1930 (créée en 1910)

Décorations :
- Officier d'académie de l'Instruction Publique et des Beaux Arts de Paris
- Médaille d'Honneur de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris.

Il apporte son concours pour lutter contre les épidémies qui sévissent encore, trente ans après l’occupation française, de la Tunisie.
Il travaille avec acharnement pour convaincre la population que l’amélioration de la santé de chacun passe par l’acceptation d’une conception nouvelle de l’hygiène et ce en revenant aux préceptes de l’Islam.
Il écrit plusieurs œuvres sur l’amélioration de l’alimentation en général et la nutrition des enfants.
Enfin il encourage, par tous les moyens, les activités sportives au niveau des jeunes et la pratique de l’éducation physique dans les écoles.
A cette époque, il n’est pas rare de voir des compétitions sportives avoir lieu sur les plages de la banlieue de Tunis.
Devant cet engouement, son chauffeur prend part à ces compétitions et sera le premier à traverser à la nage, le golfe de Tunis. Sa réputation lui vaut, depuis, d’être surnommé «  Ahmed Carthage  »

Consultant très apprécié, son autorité morale lui vaut d’être appelé à parrainer plusieurs actions à caractère social, culturel, sportif et caritatif.
Joignant une culture déjà étendue et solide il fréquente les milieux évoluées, où se retrouvent les intellectuels de la Tunisie renaissante où il apporte sa contribution au renouveau et au développement du pays. Il y a lieu de citer, ici, le salon littéraire de la Princesse Nazli Fadhel à
La Marsa.
Si son prestige dépasse les frontières de la Tunisie, les conséquences comportent des risques. A la suite de soins accordés, dans son cabinet à Tunis, à quatre libyens venus expressément de leur pays que le
Dr Hassine Bouhageb est  mis sous surveillance policière de 1915 à 1922 par l’oppression coloniale. (Voir A.N.T. dossier 35-12 et Hist. 11-100)

Il est reconnu aussi pour être un patriote sincère et éclairé.
Etant un adepte acharné de l’éducation des jeunes, en les encourageant à poursuivre leurs études aussi loin que possible, il essaye de convaincre aussi les familles à envoyer leurs filles à l’école pour leur permettre d’avoir une éducation, d’être en mesure de comprendre le monde qui nous entoure et surtout à bien gérer leur avenir de future mère de famille.
Il donne l’exemple en inscrivant ses deux filles à l’école des filles de la rue du Pacha.
Ses frères et les autres membres de la famille Bouhageb en font de même.

Dr Hassine Bouhageb laisse le souvenir d’un éducateur infatigable et incomparable du public tunisien sur le plan de l’hygiène et de la promotion du sport.
Son cabinet médical se trouvait au numéro 27 du boulevard Bab Menara, au dessus de ce que deviendra, en 1932, la pharmacie de Monsieur Noureddine Zaouch, à Tunis.
Il a toujours habité au numéro 2, de la rue des Lilas à La Nouvelle Ariana, non loin du fameux jardin des plantes connu pour la qualité de l’eau de son puits appelé « Bir Belhassen » et où se réunissent, en fin d’après midi, les habitants des environs en y amenant leurs enfants.
Jusqu’à sa mort, survenue en 1946, il a poursuivi  ses activités et ses patients ont su apprécier le dévouement et le désintéressement.
Dr Hassine Bouhageb est enterré à « Torbet Bouhageb » au cimetière « Jellaz » de Tunis, à coté de son père Cheikh Salem Bouhageb, ses deux frères Amor et Khelil et sa sœur Zneïkha.

 

Dr Hassine Bouhageb et le sport
Il souligne, à plusieurs reprises, l’importance du sport et de l’éducation physique en tant qu’école de la vie et eu égard au rôle que joue l’activité sportive dans la préservation de la santé, l’enracinement des valeurs universelles et l’amélioration des rapports humains.
Pour la Tunisie de demain il recommande, avec insistance, à la nouvelle génération de l’élite acquise aux conceptions modernistes des réformateurs, de participer à la promotion de l’activité sportive en Tunisie dont l’objectif vise à généraliser l’enseignement de l’éducation physique à tous les niveaux de l’enseignement et surtout aux jeunes scolarisables.
Tout en permettant d’améliorer la santé le sport et l’éducation physique servent à ancrer les traditions de civisme au sein de la nouvelle génération.

 

 

L'idée du Dr Hassine Bouhageb est que la discipline sportive et l’éducation physique des jeunes constituent un encadrement de choix pour faire de la jeunesse tunisienne le ferment du nationalisme qui faisait défaut avant l’occupation française de notre pays.

Dr Hassine Bouhageb appelle les jeunes à être conscients des défis et des enjeux qui se posent, malgré l’occupation française de la Tunisie.
A chaque fois qu’il est en contact avec la jeunesse, il leur fait souligner l’importance des valeurs et des constantes nationales basées sur notre entité arabo musulmane.
La nouvelle génération se doit de préserver la nation et de défendre la patrie.

La femme est un partenaire actif de l’homme
dans l’édification de la Tunisie de demain.

 

 

La condition inique et humiliante infligée aux tunisiens surnommés indigènes depuis l'invasion de notre pays en1881.
Cette pratique indécente et déshonorante de la France, initiatrice des droits de l'homme, provoque un doute certain sur la supériorité de la civilisation occidentale.
Après la déchéance de l'Empire ottoman, ceux des tunisiens qui voient dans la mission de la France un espoir pour la Tunisie nouvelle, sont les premiers à déchanter et à dénoncer le vrai visage de ce pays.
Ces tunisiens sont les premiers à constituer le mouvement nationaliste des "Jeunes tunisiens" qui prend à son compte le développement de l'identité tunisienne.

On entend les étrangers venus d'Europe proférer des propos blasphématoires contre l'Islam en général et les pratiques religieuses.
Les tunisiens ne peuvent se défendre ou se protéger sans que le pouvoir colonialiste et l'occupant français ne considèrent les plaintes formulées comme des réactions anti-françaises et même d'appel à la révolte contre la France, pays civilisateur.

 

 

Qu’elles sont les influences qui ont le plus joué dans votre vie ?

Dr Hassine Bouhageb fait le commentaire suivant :
Peut-être les quatre grandes influences qui nous inspirent tous, la famille, l’éducation, la communauté et la religion.
La famille nous apprend comment prendre soin les uns des autres : les parents s'occupent des enfants et les enfants s'occupent les uns des autres ainsi que de leurs parents.
L'éducation, est un des principaux moyens dont nous bénéficions pour nous connaître nous-mêmes et pour développer nos talents et nos compétences intellectuelles.
La communauté nous apprend que nous ne sommes pas seuls. Nous dépendons des autres et ils dépendent de nous.
Notre religion et nos croyances nous apportent la force intérieure, en particulier quand nous sommes à la recherche d’une réponse ou que nous nous sentons découragés.
Dans le cadre de mon travail, je m'occupe, au delà du traitement régulier des patients, de médecine préventive.
Je veux apprendre aux gens comment vivre plus heureux et en meilleure santé. La majorité des problèmes de santé, les plus courants peuvent être évités par la prévention, ce que je souligne toujours.
Nous avons tous de l'influence et nous pouvons transmettre un message silencieux partout où nous allons.
Les gens souhaitent avoir une bonne santé et une vie meilleure. Si nous passons du temps en leur compagnie, nous pouvons les influencer de manière positive. J'ai trouvé qu'il était efficace de ne pas critiquer les autres, mais plutôt de les diriger par l'exemple : nous pouvons les encourager à voir qu'il existe une vie meilleure.
Il faut faire connaissance avec les autres, avec ceux, en particulier, que l'on ne fréquenterait normalement pas. Cela contribue à votre développement social et intellectuel. Ce faisant, vous apprenez aussi comment fonctionnent les rouages de votre communauté et de quelle manière vous pouvez lui venir en aide.
L'implication débute avec quelque chose de tout simple, comme votre façon de saluer les gens. Prononcez des paroles sincères encourageantes. Apprenez à écouter. Rencontrez les gens qui ne savent pas auprès de qui trouver de l'aide et dont les difficultés correspondent à votre domaine d'expertise. Concentrez-vous sur le soulagement de leurs peines.
J'aime mon pays comme ma famille. J'y suis actif, non pas pour être connu ou pour être récompensé, mais parce que je veux faire quelque chose de positif. Si vous vous lancez dans un projet avec comme but d'être reconnu pour vos efforts, vous passez à côté de ce qui compte. Il faut plutôt accomplir les tâches en question parce qu'elles sont importantes et nécessaires.
Ceux d'entre nous qui ont la chance d’avoir des talents, d’avoir une formation solide et une bonne éducation peuvent faire beaucoup de bien.
Prenez l'initiative d'aider votre communauté et d'améliorer la vie des gens. C'est un but qui en vaut la peine.

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