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D'origine turque, ne serait-ce que par le nom qui signifie la fête, descendant d'une famille d'ulémas, et de dignitaires religieux, Mohamed Beyram V, naquit vers les années 1840, de mère d'origine mamlouk, et fille de Mahmoud Khouja, qui fut ministre de la guerre sous Ahmed Bey 1er, et dont le père était tourné plutôt vers la culture de la terre que la culture scientifique et religieuse.
Cela n'empêcha pas Beyram V, de poursuivre ses études à la mosquée Ez-zeitouna, afin de recevoir les bases de la langue arabe et apprendre le Coran, l'exégèse, et le Hadith, qui est l'ensemble des actes et paroles du Prophète.
Son grand père maternel, Mahmoud Khouja, avait tenu, à l'inscrire à l'école militaire, haute institution, destinée à l'époque, à la formation des cadres politiques et des hauts commis de l'Etat.
Ce fut grâce à son oncle uléma de renom, et professeur émérite, Beyram IV, qu'il s'orienta vers les études de langue et de rhétorique. Il put par la suite, s'orienter surtout vers l'histoire où il put approfondir ses connaissances à travers les nombreux ouvrages que possédait son oncle, Beyram IV, et qu'il remplaça, dès qu'il avait terminé ses études, pour devenir parmi les meilleurs enseignants de la mosquée Ez-zeitouna.
Il se spécialisa dans l'histoire et se distingua par ses analyses politiques des évènements, et ne manquait pas à l'occasion d'émettre son avis en toute objectivité et sans aucune hésitation, ni parti pris.
En 1875, il lui fut confié, la direction de l'Imprimerie Officielle, fonction qu'occupa avant lui le Général Hassine, du temps du Ministre Kheireddine.
Il fut choisi par celui-ci, car il avait remarqué sa tendance réformiste et ses idées politiques progressistes.
Après un voyage, qu'il entreprit en 1876 en France et en Italie, pour des soins, il fut nommé, à son retour, à la tête de l'hôpital Sadiki en 1877 et fut maintenu, après la démission de Kheireddine, par les deux premiers ministres qui succédèrent à celui-ci, Khaznadar et Ben Samaïl. Il fut nommé également en 1879, au conseil constitutionnel aux côtés de Larbi Zarrouk.
Il était conscient que la situation politique laissait à désirer et qu'il importait de procéder à une séparation des pouvoirs, pour mettre fin au régime autocratique et assurer une meilleure justice, à l'instar des régimes de monarchie constitutionnelle, existant à l'époque, en Europe.
Se trouvant dans une ambiance d'intrigues et de malversations, surtout après le départ de Kheireddine en Turquie, et à l'époque du premier ministre, Mustapha Ben Smail, corrompu et véreux, il ne vit pas de meilleurs moyens que de s'expatrier.
Il quitta donc la Tunisie, pour aller s'installer en Egypte où il termina ses jours, et y décéda en décembre 1889.
Il réalisa outre son ouvrage l'essentiel à méditer (Safouet Al Îitibar), des mémoires politiques où il enregistra ses impressions et ses suggestions concernant la politique dans les pays Arabo-Musulmans, dont la Tunisie.
Il estimait qu'une telle situation ne pouvait perdurer à l'époque.
Parmi ces mémoires, un extrait paru dans une revue égyptienne , « Al Moktataf » en mai 1888, il précisait notamment, qu'il est important de savoir adapter le système des démocraties constitutionnelles Européennes aux pays arabo-musulmans, sans toutefois les calquer, tout en les adaptant judicieusement, aux réalités de ces pays.
« Il importe, ajoutait-il, d'instituer des lois qui détermineraient les responsabilités des gouvernants, et faire participer les compétences dans les grandes décisions .Par ailleurs et dans un souci de démocratie, il convient de procéder aux élections des membres des conseils locaux et régionaux. »
Beyram V, s'intéressa à l'organisation de la justice, afin d'avoir des juges à travers toutes les régions du pays, qui seront libres de leurs décisions. C'est en quelque sorte, la séparation des pouvoirs préconisée par les Etats de monarchie constitutionnelle.
Hélas, ses écrits n'avaient pu avoir d'écho à cette époque et ses propositions étaient restées des voeux pieux.
Il aura eu, de toutes les façons le mérite et le courage d'avoir clamé haut et fort, ses idées qui le placèrent parmi les grands penseurs réformistes de cette époque.
Ahmed YOUNES
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