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L'histoire de la Tunisie place Cheikh Salem Bouhageb, né à Bembla en 1827 et décédé le 14 juillet 1924 à La Marsa, parmi les réformistes du XIXe et du début du XXe siècle dont l'action a infléchi le destin de la Tunisie. Plus que le bilan matériel, ce qui compte, pour lui, c’est sa manière d’être, et le lien qu’il peut tisser avec ses contemporains. Salem Bouhageb ne cherche jamais à se trouver sous les projecteurs et il mérite bien , après une longue et distinguée carrière, de notre reconnaissance éternelle. Quand il le faut, il répond à l'appel du devoir et ce faisant, mène à bien les plus délicates, les plus difficiles des missions avec une grande intégrité et une réelle vision. Salem Bouhageb reste avec le général Kheireddine Pacha et Bayram V un des premiers réformateurs tunisiens. Des réorientations en profondeur sont nécessaires suite aux bouleversements et catastrophes qui secouent l'Empire ottoman. Il est à prévoir, aussi, que les transformations économiques et sociales associées aux conséquences de l'essor de l'industrie en Europe, vont influencer l’avenir du monde musulman et surtout de la Tunisie. Sa longue carrière d'enseignant à l'université de Ez-Zitouna, lui donne l'exceptionnelle opportunité de former plusieurs générations de lettrés tunisiens, parmi lesquels nous trouvons les meilleures figures de l'élite intellectuelle tunisienne de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, comme le Général Hussein, Mohamed Tahar Ben Achour ou Abdelaziz Thaà lbi… Il incarne discrètement les qualités nécessaires, que nous attendons chez ceux qui veulent servir notre pays. Il faut reconnaître en lui, un éminent enfant du pays et un vrai patriote. Nous voudrions terminer en évoquant deux de ses vertus : l’humilité et la ténacité dans sa recherche de la connaissance et du savoir. Nous exprimons, à Cheikh Salem Bouhageb notre reconnaissance, notre fidélité et notre affection.
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A chaque fois qu’il en a l’occasion, il oriente son plaidoyer par la recherche du secret de l’émancipation non dans les aventures, mais dans un puissant effort sur soi-même. Il incite ses interlocuteurs à s'ouvrir largement au progrès tout en restant fermement attachés à leur religion. Le point de départ de sa pensée est le problème de la décadence et la nécessité d'une renaissance. En ce qui concerne le système éducatif, les écoles traditionnelles souffrent de maux tels que la stagnation et l'imitation servile. Elles n’enseignent pas les sciences nécessaires pour bénéficier des avantages du progrès dans tous les domaines. Un simple retour au passé historique du monde musulman est impossible. Il faut passer par l'acceptation des changements résultant des progrès économiques et sociaux qui secouent déjà l’Europe. Salem Bouhageb croit au progrès et à la parfaite compatibilité de celui-ci avec la religion et de la modernité avec la tradition. Il a une très vive admiration pour les institutions européennes, mais il ne pense pas qu'il soit possible de copier purement est simplement leurs lois et leurs institutions. Il faut aussi être en mesure de distinguer, parmi les changements proposés pour notre pays, ce qui est bon de ce qui ne l'est pas. Il rappelle à chaque fois que l'emploi de la raison est primordial. Il admet ainsi le rôle essentiel que tient la science et ses fondements par rapport à notre entité nationale sans pour autant tomber dans le scientisme. Par son savoir, sa lucidité et son courage « ijtihâd », il contribue à libérer l'esprit sclérosé par des siècles d'immobilisme intellectuel. Il contribue enfin à réveiller les sentiments de liberté et de patriotisme.
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Il rappelle constamment qu’il faut distinguer entre la France, pays des valeurs universelles de liberté et des Droits de l'Homme, et les tenants du colonialisme.
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Son influence sur le mouvement réformiste pour une Tunisie nouvelle. Cheikh Salem Bouhageb a été appelé à prendre part, par ses conseils et par sa participation active aux différents trains de réformes entreprises dans le pays. - En 1857, à l’age de 30 ans, il est appelé par le Général Kheireddine pour participer, avec le général Hussein, à la création de la Municipalité de Tunis, - En 1858 Cheikh Salem Bouhageb participe à différentes commissions de réformes de la Fonction Publique - de l’Administration Régionale - de la Justice - de l’Enseignement - En 1861 Cheikh Salem Bouhageb est désigné membre du Grand Conseil « assemblée Consultative » Il participe à la rédaction du « Code Civil et Criminel du Royaume de Tunis » - En 1867 Il collabore à la rédaction du livre « Les voies les plus courtes pour la connaissance des états » du Général Kheireddine Ettounsi. -En 1871 Cheikh Salem Bouhageb est appelé à faire partie de la délégation officielle tunisienne, présidée par le Général Kheireddine, dans sa mission en Turquie - En 1874 Cheikh Salem Bouhageb est appelé à faire partie de la mission présidée par le Général Hussein. Cette mission avait pour but de poursuivre, à Livourne où il avait trouvé refuge, Nessim Schemama, ancien Trésorier du Gouvernement tunisien, qui avait fuit la Tunisie après avoir détourné des sommes très importantes du Trésor Public. - En 1875 il est fait appel à Cheikh Salem Bouhageb pour participer à la création du Collège Sadiki. A l’inauguration, il prononce le fameux discours où il devait faire ressortir que « l’lslam n’est pas incompatible avec la science et la modernité » - En 1878 Visite à titre privé, à Paris, de « l’Exposition Universelle de Paris » Il y retrouve le Général Hussein, en compagnie duquel il fait des travaux de recherche dans plusieurs bibliothèques de la capitale. Il saisit cette occasion pour prendre contacte avec des personnalités diverses de la politique et du monde culturel. C’est là qu’il constate la différence entre les Européens vivants en France, par exemple, et ceux qui sont les invités de la Tunisie, mais qui se comportent comme en pays conquis provoquant indignation et hostilité par leurs agissements d’affairiste malhonnête et de leur complexe de supériorité allant jusqu’au racisme caractérisé. Combien de fois ces gens se sont-ils gargarisés de leur civilisation supérieure, pour justifier leur comportement. - En 1882 Retour de Cheikh Salem Bouhageb de son long séjour en Italie - En 1883 Cheikh Salem Bouhageb appelé aux fonctions de Proviseur de la Medersa Mountassaria. - En 1884 Cheikh Salem Bouhageb commence sa série des prônes du vendredi à la mosquée Sobhan Allah de Bab Souika. - En 1888 Il participe au journal „El Hadhira“ en tant que rédacteur - En 1887 Cheikh Salem Bouhageb est appelé à prononcer le discours d’ouverture à la Conférence inaugurale de la Khaldounia. Comme le dit Cheikh Fadeur Ben Achour : « Ce fut une leçon scientifique où il fit l’exégèse de la parole du Tout Puissant « Et il apprit à Adam tous les noms » Il y montra qu’Allah a fait de la science un moyen pour assurer la succession d’Adam et de ses descendants sur terre » Cheikh Salem Bouhageb devait y enseigner pendant plusieurs années. - En 1894 (26 du mois de Ramadan) Cheikh Salem Bouhageb inaugure la fin des travaux de reconstruction du minaret de la mosquée Jamaa Zitouna. Une plaque de marbre, apposée au bas du minaret, coté Souk El Attarine, témoigne par des vers de Cheikh Salem Bouhageb, cet événement. - En 1906 Cheikh Salem Bouhageb est nommé Mufti Malékite - En 1908 Cheikh Salem Bouhageb est investi en qualité de Bach Mufti Malékite - En 1911 à l’age de 84 ans Cheikh Salem Bouhageb abandonne le professorat à Jamaa Ez-Zitouna - En 1913 Publication des sermons du vendredi de Cheikh Salem Bouhageb - En 1924 (14 juillet) décès à La Marsa, de Cheikh Salem Bouhageb et le lendemain funérailles nationales en présence du Bey de Tunis : Mohamed El Habib Pendant les 64 ans, où il a enseigné, soit à Jamaa Zitouna, soit à la Khaldounia ou à chaque fois qu´il était en contact avec la jeune génération, il leur a transmis ses connaissances et ses découvertes. La vie de Cheikh Salem Bouhageb a été, depuis, un exemple pour toutes les nouvelles générations tunisiennes. Il a été chargé de prendre part aux différentes réformes administratives et juridiques du pays. Son objectif le plus pressant a été de préparer l´avenir de la Tunisie en améliorant l´éducation et la formation de la nouvelle génération qui se devaient d´avoir la responsabilité de conduire le pays vers son développement, son intégrité et son indépendance.
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Campagne agricole
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Cheikh Salem Bouhageb a beaucoup de respect pour l’agriculture et encourage tous les tunisiens à s’y consacrer. Il a composé à ce sujet ces quelques vers.
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L’année 2007 a vu la parution de deux livres ayant pour thème Cheikh Salem Bouhageb et les besoins de réformes. (détail)
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Sa résidence à Sidi-Bou-Saïd
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Pour écouter les radios tunisiennes sur Internet, cliquer sur l’un des trois boutons suivants:
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Radio Zitouna du saint Coran
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Radio Jawhara de Sousse
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Radio MosaĂŻque de Tunis
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Enfin retrouvé
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Après vingt cinq ans de recherches, la plaque en marbre sur laquelle est gravé l’éloge funèbre dédié à Cheikh Salem Bouhageb est retrouvée. Le texte se présente sous forme de vers incrustés dans le marbre et recouverts de plomb pour permettre une conservation à plus long terme. L’éloge se compose de 23 vers rimés. La date mentionnée de l’année 1342 de l’hégire correspond à 1924. Cette plaque se trouve actuellement à l’Académie Tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts « Beit al Hikma » à Carthage.
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Cliquez sur ce texte pour voir la plaque.
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A cette occasion, nous présentons à « Beit al Hikma » tous nos remerciements les plus sincères et notre reconnaissance pour la contribution qu’elle apporte pour mettre en évidence la personnalité de Cheikh Salem Bouhageb et son apport au mouvement réformiste tunisien qui permet à la Tunisie de recouvrir son indépendance.
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Le 14 juillet 1924, décèdait Cheikh Salem Bouhageb
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Avec le départ de Cheikh Salem Bouhageb, la Tunisie a perdu l’un de ses illustres fils, homme de culture, de science, de principe et d’engagement nationaliste.
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La femme est un partenaire actif de l’homme dans l’édification de la Tunisie de demain.
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Cette page sur Internet permet de résumer et de mettre en lumière des faits importants de notre histoire nationale qui prélude l’occupation de la Tunisie par la France (12 mai 1881) et le début du “Protectorat français”. Cette période a vu la prise de conscience de l’entité nationale et s’organiser le développement de notre pays.
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Les manuscrits et les œuvres littéraires de Cheikh Salem Bouhageb ne sont pas disponibles, actuellement. Si vous pouvez apporter votre témoignage ou si vous êtes en mesure d’améliorer ce document ou encore, si vous disposez de documents d’archive concernant les œuvres ou la vie de Cheikh Salem Bouhageb, vous pouvez nous contacter par courrier électronique. D’avance nous vous en remercions bien sincèrement.
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